Les ti-bann de la Martinique, qu'est-ce que les ti-bann ?

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Les ti-bann de la Martinique, qu'est-ce que les ti-bann ?

Actualité histoire Martinique | Edité le 11 mars 2015 | article précédentProposition Cciale

 

Les ti-bann de la Martinique, qu’est-ce que les ti-bann ? 

 

Vous avez certainement dĂ©jĂ  entendu parler des ti-bann mais vous ne voyez et ne sentez peut ĂȘtre pas de quoi il s’agit. Laissez-moi vous Ă©clairer sur le sujet. Suiv mwen ? Suivez-moi ?

 

Saki an ti-bann ? Que signifie le mot ti-bann en Martinique ? 

Les ti-bann en crĂ©ole ou petite bande en français Ă©taient les groupes d’enfants qui travaillaient sur les plantations de canne Ă  sucre en Martinique. Les enfants des coupeurs de canne qui n’allaient pas Ă  l’école mais suffisamment grand pour travailler, Ă©taient placĂ©s dans un groupe spĂ©cial que l’on appelait ti-bann ; petite bande.     

 

Istwa ti-bann Matinik ? Histoire des ti-bann de la Martinique ? 

Les ti-bann ont commencĂ© durant la pĂ©riode esclavagiste et continuĂ© aprĂšs l’abolition parce que tous les parents ne pouvaient pas scolariser leurs enfants. Les parents qui Ă©taient eux-mĂȘmes coupeurs de canne, mettaient leurs propres z’enfants dans les ti-bann.

 

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Pourquoi les parents mettaient-ils leurs enfants dans les ti-bann ?

La raison pour laquelle les enfants Ă©taient placĂ©s dans les ti-bann Ă©tait pour des raisons Ă©conomiques. Je dirais en d’autres termes «  La soumission Ă©conomique des anciens esclaves Â». Le travail des enfants permettait d’avoir un revenu supplĂ©mentaire dans le foyer.  

Je ne sais pas pourquoi ? Mais malheureusement, il y a trĂšs peu de photographies ou films d’époque qui montrent les z’enfants travaillant sur les plantations de canne-Ă -sucre en Martinique.

 

Alors vous pouvez imaginer la scÚne suivante et vous faire une idée :

Imaginez un vaste champ de canne verdoyant qui se perdrait Ă  l’horizon. Un soleil de carĂȘme (rĂ©f : le carĂȘme en Martinique) qui chauffe dur comme un marteau et frappe sur la tĂȘte des coupeurs de canne Ă  la maniĂšre d’un burin. Et parmi ces ouvriers Ă©reintĂ©s qui portent des fagots de cannes Ă  sucre, un paquet de petits z’enfants baissĂ©, courbĂ© au beau milieu des cannes Ă©talĂ©es sur la terre. Vous voyez ! Ce sont lĂ  les ti-bann que vous pouvez voir. Ces petits garçons et ces petites filles dont les parents n’ont pas les moyens de les envoyer Ă  l’école. YĂł ka ranmasĂ© kann kon zansĂšt yĂł ! Ils sont en train de ramasser la canne comme le faisait leurs ancĂȘtres durant l’esclavage. Ayen pa chanjĂ© ba yĂł !  Rien n’a changĂ© pour eux. Ils n’ont plus les chaĂźnes aux pieds ou ne reçoivent plus les coups de fouet. Mais leur situation Ă©conomique et sociale reste la mĂȘme. La tĂąche principale des ti-bann est de rassembler les cannes coupĂ©es par les adultes, de les attacher pour en faire des fagots qui seront transportĂ©s Ă  dos de mulets ou sur des charrettes jusqu’à l’usine. Beaucoup de ces petites mains que vous pouvez voir ne connaĂźtront jamais la douceur d’un cahier d’école et ou ressentir le contact d’une craie blanche sur un tableau noir. Mais la misĂšre va s’acharner Ă  leur offrir pour seule Ă©ducation les coupures bien aiguisĂ©es des feuilles de canne et les brimades d’un gĂ©reur trop zĂ©lĂ© aux services des propriĂ©taires terriens. Vous voyez ! Vous pouvez mĂȘme entendre un petit se faire insulter par un gĂ©reur d’habitation sous le regard impuissant de ses parents. Parce que ses petites mains innocentes ont  mal attachĂ© une liasse de canne qui a malencontreusement glissĂ©e. Vous entendez ça ! Je ressens dans mon cƓur sa peine et sa douleur.

 

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Quelle Ă©tait la consĂ©quence des ti-bann sur les familles Martiniquaise ?

Selon moi, l’enrîlement des enfants dans la canne à sucre comme main d’Ɠuvre faisait que de nombreuses familles Martiniquaises avaient beaucoup de mal à se sortir de la misùre.

Comprenez le schĂ©ma suivant : pauvretĂ©  =  ti-bann (enfants travaillant sur plantations de cannes) ➜ manque d’instruction ➔ pauvretĂ© ➔ coupeur de canne (adulte)
 Le mĂȘme schĂ©ma continuait pour les enfants de ceux qui Ă©taient eux-mĂȘmes dans les ti-bann. Un vĂ©ritable cercle vicieux qui s’est perpĂ©tuĂ© de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration ce qui empĂȘchait au famille Martiniquaise d’avancer et profitait Ă  une partie de la composante du pays. 

 

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Mon tĂ©moignage : les ti bann et moi

Non ce n’est pas ce que vous pensez. Je n’ai pas travaillĂ© dans les ti-bann. BondjĂš MĂšsi ! Dieu merci ! Je pense que travailler dans les ti-bann n’était certainement pas le meilleur endroit pour des enfants. En revanche durant mon enfance, j’entendais souvent les adultes faire rĂ©fĂ©rence Ă  ce moment douloureux de l’histoire Martiniquaise. Par exemple : si vous aviez de mauvaises notes en classe, les parents vous disaient en crĂ©ole, ou paka travay lĂ©kol mankĂ© mĂ©tĂ©w travay andidan ti bann ; si tu ne travailles pas en classe je te mettrais dans les ti-bann. C’était une façon pour eux de nous faire comprendre que nous devions Ă©tudier afin d’échapper Ă  la misĂšre Ă©conomique et sociale.

 

VoilĂ  ! J’espĂšre vous avoir Ă©clairĂ© sur le sujet. Je profite de cet instant pour envoyer au nom de tous les Martiniquais mes plus respectueuses et sincĂšres salutations Ă   ces z’hommes et ces femmes qui ont travaillĂ© dans les ti-bann ou comme coupeur de canne sur les plantations.

 

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Je vous remercie pour l’attention que vous avez accordĂ©e Ă  cet article. Si vous voulez contribuez au travail de mis en valeur de la culture Afro-Antillaise que je fais, vous pouvez simplement partager cet article ou en parler autour de vous. C’est vous-mĂȘme et la communautĂ© toute entiĂšre que va GAGNER.

 

A bientĂŽt ! An lĂłt soley !

Article n° 371205032015AHM

 

© Texte et responsable d'Ă©dition : David Gagner-Albert 

N° Siret : 504738345RM972

Contact : lucidesapiens@rocketmail.com 

 

Tag(s) : #Actualité culturelle de Martinique, #Actualité historique de Martinique

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