➤ Psité, que veut dire psiiité une femme en Martinique ?

➤ Psité, que veut dire psiiité une femme en Martinique ?

Actualité culturelle Martinique | Edité 28 avril 2015 | article précédent | Proposition Cciale

 

Psité, que veut dire psiiité une femme en Martinique ?

 

Au sein de la Martinique, il y a une onomatopée qui nous est propre. Cette façon d’agir est surtout exprimée par les z’hommes dans un contexte très précis. Il est s’agit du fameux « psiiiiiit Â». Un son et une attitude bien Afro-Antillaise de chez nous. Le « psit Â» c’est comme le tchip et le wo’y.  Nos aïeux, nos grands-pères et arrières grands-pères ont « psité Â». Le « psiiiiiiiiit Â» ou le fait de psité EXISTE depuis des générations.  Depuis quelques années, (génocide par substitution oblige) j’entends dire comme si le fait de psité serait nuisible pour la société Martiniquaise et en particulier pour les femmes. Les z’hommes Martiniquais ou certains z’hommes Martiniquais ont toujours « psité Â» et cela n’a jamais dérangé personne… Tchiiiiiip ! Zót lé sav ? Vous voulez en savoir plus ? Suiv mwen !

 

 âž¤ 1 – Le psit une onomatopée Martiniquaise qui dérange ?  

 Qu’est-ce que « psité Â» une personne ? Saki psiiité an moun ? Lisez l’histoire véridique de Natacha V. et vous saurez !

 

Attention : L’histoire que vous allez lire et écouter s’est réellement passée il y a quelques années de cela. J’ai volontairement gardé l’anonymat des personnages principaux afin que leurs intimités soient protégées.

Récit : La belle et le ronmié de Fort-de-France 

 

Natacha V. est une femme Martiniquaise. Une sacrée belle Nègresse comme on dit au pays, péyi. Natacha est une sorte de kalalou, une soupe bien Caribéenne. Et pour cause, elle est lélée, mélangée à de la chabine, kouli, mulâtresse, kapresse, toutes ces femmes en même temps. Un lundi bon matin du 8 janvier 2007  alors qu’elle se rendait à son travail, Natacha V. était en train de marcher dans une rue de Fort-de-France.

 

Souvenez-vous, Natacha V. est une belle femme Afro-Antillaise et tous les z’hommes de la Martinique la trouvent « sublime Â» comme le dit la chanson de ZOUK que vous connaissez. « Sublim manka trouvéw sublim…sé pou mwen ou joli…ect Â»

 

Et chaque fois qu’elle marche avec ses talons aiguilles de 5 cm de hauteur surmonté de sa robe moulante qui dévoile toutes les formes de son corps, vous pouvez clairement voir et ressentir ses hanches bouger de droite à gauche et de haut en bas  au grès de sa sensualité. Je n’ose même pas vous dire ce qui se passe dans le pantalon des messieurs qui la regardent passer dans la rue à ces moments là.

 

Les makrels et les femmes jalouses de la Martinique disent qu’elle fait du mitaw mita mwen, mitaw mita mwen….Un coup pour toi, un coup moi, un coup pour toi, un coup pour  moi… Chaque coup de rein qu’elle donne, est comme une invitation à danser un zouk-love sur un carreau. Vous voyez.

 

Continuons….

 

Natacha V. était en train de passer en face d’un bar de la Croix-Mission à Fort-de-France. Elle passait tranquillement devant ce bar qui était remplit avec des ronmiés (les ronmiés sont des buveurs d’alcool qu’aucun alcooltest ne réussira à mesurer le taux d’alcoolémie).

 

Naturellement, la beauté et la sensualité de Natacha n’avaient pas échappé à l’un des ronmiés présent à une table du bar depuis 7 heures du matin. Le ronmié n’avait pas fait ni une ni deux.  L’homme était resté assis à sa table et tout en sirotant son punch, il s’était mis à faire une chose qui est bien Martiniquaise. Vous n’allez jamais imaginer ce que cet ivrogne avait fait à Natacha. Vous pouvez !  Très bien.

 

Continuons…

 

Brusquement, la jeune femme avait entendu un son étrange surgir au beau mitan de son passage. Non, ce n’était pas Ti-Sonson qui lui avait donné un coup de klaxon avec sa vieille bwadjak. Mais plutôt un son comme un serpent qui sifflait ou un tuyau d’arrosage que l’on aurait pressé. Vous voyez !

 

- Psiiiiiiiit ! Psiiiiiiiit ! Psiiiiiiiit ! Psiiiiiiiit ! Psiiiiiiiit ! Psiiiiiiiit !

 

Bon Dieu Seigneur la Sainte-Vierge Marie ! Avait immédiatement pensé Natacha. Allait-il l’attaquer, la mordre ou la manger ? La femme avait eu envie de courir. De s’enfuir comme une mangouste.

 

Mais souvenez-vous. Natacha portait des talons aiguilles de 5 cm environs. Patat sa pito ! Mince alors ! Et de plus, sa robe cintrée, senntré qui dévoilait toutes ses formes risquerait de se… Je préfère vous laissez une fois de plus imaginer la suite afin que l’on ne dise pas que c’est moi qui ai dit. i paté pé alé pyès koté !

 

Natacha emprisonnée dans ses habits ne pouvait pas s’échapper. Mais elle savait qu’elle était belle. Et c’était la son pêché. Aussi belle que ces diablesses qui peuplent les légendes et croyances populaires de la Martinique. Tous les z’hommes du pays étaient prêts à la zayé, séduire.

 

Sans parler de tous ces dorlis qui la dévoraient des yeux la journée et prenaient un malin plaisir à la visiter le soir durant son sommeil. Elle était si charmante que l’on disait que la voir passer, c’était comme du sucre saucé dans du miel. Bien entendu, en femme ayant du succès, Natacha V. faisait des choix stricts au niveau de ses partenaires. Elle avait toujours pensé que la terre ne la portait pas. Latè paté ka pôtéw !

 

Et ce n’était surtout pas un vulgaire ronmié de Fort-de-France qui allait la faire changer d’avis.  Alors elle s’était brusquement arrêtée au risque de faire exploser ses talons aiguilles d’une hauteur de 5 cm et de prendre un sô, faire une grave chute.

 

Kroooook…Natacha avait entendu ses escarpins balayer le trottoir de Fort-de-France. Vous entendez. Ensuite, elle avait pris sa tête. Elle l’avait redressée. Elle avait pris sa bouche. Elle avait longé sa bouche de plusieurs centimètres, comme savent le faire les femmes z’Afro-Antillaise pour montrer leurs désaccords.

 

La bouche de Natacha était allongée la longueur de ça. Après quoi, elle s’était retournée à la manière d’un mannequin dans un pub de l’Oréal (sans faire de pub, le responsable du site ne sera pas content). Et à ce moment là, les yeux de Natacha étaient tombés dans les yeux du ronmié qui l’avait psité. L’homme était en train de la regarder et lui avait lancé avait tout son cÅ“ur.

 

- Doudou chéri, cocotte lanmou tu es si belle ! J’aimerai t’avoir pour moi tout seul !

 

En bonne femme Martiniquaise, Natacha l’avait fixé d’un air arrogant avec son visage froissé comme une feuille de bananier. Elle avait fait comme si du bois s’était cassé dans ses z’oreilles. Et lui avait quand même répondu par un tchiiiip pour réponse. Vous voyez !

 

Finalement, arrivée plus loin, Natacha avait repris son chemin avec un beau sourire. Elle s’était dite que ce n’était pas bien méchant. Intérieurement, ce psit du ronmié l’avait rendu encore plus fière de sa personne. Elle était remplie de joie comme un baule de toloman.

 

Natacha avait été contente de savoir que malgré sa quarantaine bien affirmée, et ses petites rides naissantes qu’elle tentait de cacher avec des cosmétiques dont je tairai la marque de peur de faire de la publicité ;  qu’elle avait bien encore beaucoup de charme à revendre.

 

Après tout comme dit le proverbe créole « Matado paka mô épi bonda Â», entendez par là qu’aucune belle femme n’emporte son beau cul au paradis.

 

Quelques mois après cet épisode, Natacha V. était allée dans un midi-minuit à Trinité au quartier Tracée. Et elle était tombée nez à nez avec le ronmié qui l’avait psité 9 mois auparavant. Mais ce n’était plus un ronmié qu’elle avait en face d’elle. L’homme était totalement changé. Il s’était tourné, transformé en Prince Charmant comme à la télé ou sur internet… L’homme qui ne l’avait pas reconnu, lui avait demandé à danser. Il ne buvait plus une goûte d’alcool. L’ex-ronmié n’avait bu que de l’eau de coco durant toute la durée de la manifestation. Il avait tenu Natacha V. dans ses bras l’avait entrainée sur la piste de danse pour danser sur un zouk-love de GILLES FLORO.

 

L’homme lui avait susurré quelques mots doux à l’oreille et c’est à ce moment précis que leur histoire d’amour avait débuté. Natacha n’avait jamais connu un tel bonheur dans sa vie.  

 

L’homme qui en réalité s’appelait David B. l’avait demandé en mariage 6 mois plus tard.  A ce jour Natacha V. et David  B. ont deux beaux z’enfants et vivent des jours heureux dans le beau quartier de Cluny à Fort-de-France.

 

➤ Explication du psit de l’homme Martiniquais.

 

A travers ce récit, vous comprenez bien que le « psit Â» est à la Martinique un façon pour certains z’hommes de rentrer en contact avec la gente féminine. Le « psiiit Â» de l’homme Martiniquais existe depuis des générations et fait partie de son identité culturelle. Aujourd’hui, il semble qu’il soit décrié pour divers prétextes.

 

➤ Les femmes Martiniquaises se sentent-elles vraiment agressées par les « psiiiiiit Â» des z’hommes Martiniquais ?

 

Vrai ou faux ? Selon vous ? 

 

Mon avis en tant que Martiniquais

Moi je tends à penser que c’est faux. Mais qu’il y a plutôt un effet de génocide par substitution qui nous formate à penser que cette façon de faire qui nous est propre est mauvaise. De tout temps, les z’hommes Martiniquais ont psité les femmes Martiniquaises. Combien de relations ont commencé par un banal psiiiiit dans la rue. Et il est peut être fort probable que vous ne seriez jamais en train de lire ce texte si vôtre père n’avait pas psité vôtre mère. Vous voyez !

 

Bien entendu certains z'hommes peuvent être très grossiers après avoir émis ce fameux psit qui est si authentiquement nous-mêmes Martiniquais. Vous êtes d’accord pour dire que tous les hommes Martiniquais qui " psit " les femmes ne sont pas GROSSIERS comme je ne saurais vous dire quoi ? Se sont ces personnes là qui dénigrent le psit.

 

➤ Mais en général, le psit est toujours bien intentionné à l’égard d’une femme. Et il devrait le rester encore pour des générations et des générations et pour des siècles et des siècles.

En conclusion, c’est une onomatopée qui est et doit rester vivante au sein de nôtre culture Martiniquaise.

 

Ma note : ★★★★★/5

 

J’ai un seul regret c’est de ne pas savoir ce que vous pensez de tous ça.

Voilà, j’espère vous avoir éclairé comme les bêtes à feux, les lucioles éclairent la nuit des campagnes de la Martinique. Vous voyez !  

 

Mèsi an chay ! An lót soley !

 

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Texte et responsable d'édition : Mr David Gagner-Albert 

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