� Le Mô Club Mô de la Martinique, manifestation culturelle des années 90
📝 Histoire culturelle Martinique | Edité le 21 juillet 15 | ◀ article précédent | Proposition Cciale ▶

 

Yé krik, yé krak.

Je vous amène aujourd’hui à faire un retour vers le futur. Un retour sur une manifestation culturelle qui est selon moi une pièce maîtresse de la culture Martiniquaise. Pour cause, elle a contribué à l’édification psychique du peuple Martiniquais. Mon travail d’éditeur web m’a amené à chercher et à voir que nul part n’était mentionné le nom de Mô Club Mô comme l’histoire Martiniquaise le voudrait. 

Et pourtant, seul mon Cœur sait combien elle a marqué la conscience et le cœur de nombreux jeunes autres Martiniquais des années 90. Je tiens là à rendre un vibrant hommage à une manifestation qui m’a personnellement marqué au fer rouge dans le cœur, andidan tjè mwen. Et par là même occasion mettre en lumière l’homme qui en est à l’origine «  Maurice Euloga ».

Qu’est-ce que le Mô Club Mô ? Saki té mô kleb mô ?

Le Mô Club Mô était une manifestation culturelle des années 90. Elle avait été créée par  feu Maurice Euloga qui était lui-même l’animateur vedette du spectacle.

Le Mô Club Mô se déroulait 2 fois par mois les mercredis après midi sur la place de la Savane à Fort-de-France ☚. Plus précisément sous le « Forum Frantz Fanon ». Il y avait le Mô Club Mô des enfants pour les 3 à 14 ans et le Mô Club Mô des jeunes à partir de 15 ans. Mais le plus souvent que jamais les deux catégories se mélangeaient comme des crabes dans une barrique de viande salée.

Le rôle culturel et social du Mô Club Mô

Le Mô Club Mô était un spectacle qui nous rassemblait autour des expressions culturelles telles que la musique, le théâtre, les défilés de mode… C’était l’opportunité pour beaucoup de jeunes de se mettre en avant et de dévoiler leurs talents.

Elle a été l’une des premières scènes pour des artistes comme Don Miguel, Daddy Harry, Frédérika Aratus, Jean-Louis Morville, Daddy Pleen... Ou des artistes plus confirmés comme la chanteuse Dany Boislaville dit ZAZA fille de Loulou Boislaville. 📖 

En vidéo ci-dessous : Daddr Harry l'un des premiers chanteurs de dancehall ( raggamuffin ) de la Martinique. 

 

☛ C’est la première manifestation culturelle à avoir donné sa place à la DANCEHALL que l’on appelait RAGGAMUFFIN ; souvenez-vous nous sommes au début des années 90. Et moi, qui écris cet article, je ne suis à l’époque âgé que de 12 ans et scolarisé à l’école de Trénelle.☚ 

☛ Pour moi, aller au Mô Club Mô c'était tout un évènnement, une aventure. J'attendais ce moment avec impatience. Je dois vous avouer que j'étais à une époque charnière de ma vie. Je rentrais en adolescence. Et comme on dit en Martinique, je commençais à ouvrir mes zèl, mes ailes ; à m'épanouir.  Je ne devais pas rater le Mô Club Mô car je devais en parler avec mes petits camarades le lendemain dans la cours de l'école mixte A de Trénelle. Faut dire aussi que j'étais déjà un petit yéyé ou préleur comme on dit.  

Maurice Euloga le maître à maniok du Mô Club Mô

Il serait maladroit de ma part de ne pas mettre l’accent sur Maurice Euloga le créateur et présentateur du Mô Club Mô. Vous voyez ! C’était un présentateur qui avait beaucoup de charisme. Quand il y avait un temps d’attente très long entre le passage de deux artistes, vous ne pouviez pas vous ennuyer tellement il savait captiver et retenir l’attention de son publique d’une manière bien à lui. Vous vous souvenez de sa voix ! Mwen manka sonjey ! Moi je m’en souviens.

 

Les mercredi après-midi de Mô Club Mô, Maurice Euloga  devenait le maître à maniok du Forum Frantz Fanon, que dis-je ? Plutôt de toute la savane ou de Fort-de-France où il rassemblait des milliers de personnes. Il était vraiment  très apprécié de Tous. La manifestation commençait vers 15 heures de l’après-midi pour s’achever vers 19 heures quelques fois. La savane était remplie de monde. Téni an boul moun anlè la savann lan.  Zót ka sonjé sa ! Vous vous souvenez maintenant ?

Elle me faisait penser à ces niches de fourmis folles que  vous pouvez voir chez vous dans la terre. Tellement il y avait du monde partout sur la Savane de Fort-de-France. Tous les quartiers populaires comme Trénelle ☚, Terre Sainville, Ermitage, Volga, Sainte-Thérèse, La Dillon... et  même les plus bourgeois comme Didier ou Cluny étaient là. É zót tou zót téla ! Et vous-même aussi vous étiez là ? 

Ci-dessous la Savane Fort-de-France le lieu où se déroulait le Mô Club Mô durant les années 90

Un peu de makrélaj sur le Mô Club Mô

Laissez-moi vous faire une confidence

➤ A cette époque vous pouviez facilement voir les jeunes filles de bonnes familles ( facilement reconnaissable à leurs petits teints clairs et visages à qui vous donneriez le bon Dieu sans confession ) des quartiers bourgeois de  Didier ou Cluny en bonne compagnie avec les majors (bads boys à petites nattes sur la tête) de Trénelle ou Dillon… (à l’époque on ne disait pas encore bads boy, on est au début des années 90)….

➤ Elles, ces petites bourgeoises étaient assises sur les scooters de type Booster  ou les DT YAMAHA 125 cm3 de l’époque stationnés sur la Savane ☚. Certains couples se contentaient de discuter. D’autres plus entreprenants  s’enlaçaient sous un palmier à quelques mètres du Forum Frantz Fanon.

Parfois, certaines de ces bourgeoise s'envolaient derrière la DT 125 cm3 ou le Booster pour une destination inconnue. Vous voyez ! Alors je vous laisse imaginer la suite. Moi, je l’ai vu de mes propres yeux. L’ambiance était mortelle comme nous disions à l'époque. L’ambiance était au top.

Le déclin  du Mô Club Mô

Malheureusement des incidents fâcheux pouvaient se dérouler à cette occasion. Et oui à l’époque aussi il y avait déjà du « bordel ». Certains n’hésitaient pas à mettre des pétards dans les bouteilles en verre afin de les faire exploser. Je vous laisse imaginer les accidents !

La dernière manifestation du Mô Club Mô en 1993 s’était soldée par des incidents très graves. Suite à une bagarre sur la place de la savane, les magasins du centre ville avaient été pillés, dévalisés. Ce qui a eu pour conséquence de sonner le glas du Mô Club Mô pour toujours.

Plus de 20 ans se sont écoulés. Ceci est mon témoignage culturel pour les Générations Futures. 

Mon point de vu en tant que Martiniquais

«  J’ai personnellement vécu l’époque, pour ne pas dire la page d’histoire du Mô Club Mô et je

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➤ Sainte-Thérese quartier populaire Fort-de-France

garde en mémoire un excellent souvenir de cette manifestation hors du commun. De très bons moments de partages culturels sur la Savane de Fort-de-France. Une manifestation inoubliable que beaucoup doivent se remémorer. Le Mô Club Mô m’a personnellement marqué car je l’ai vécu intensément. J’adresse une pensée particulière à Maurice Euloga qui a été l’instigateur du Mô Club Mô. 

En mon nom et aux noms de tous les Martiniquais qui ont connu le Mô Club Mô, un  grand Merci à Toi pour ces moments de partages culturels que tu nous as fait vivre. Repose en Paix.  

L’histoire retiendra que le Mô Club Mô a largement contribué à l’édification culturelle du peuple Martiniquais. Elle s’inscrit dans la liste des animations culturelles  comme Bankoulélé ou Raggazin qui ont  eu un énorme succès dans les années 90. 

On peut se demander à quand une manifestation d’une telle envergure pour la nouvelle génération ? »  

Voilà ! J’espère vous avoir éclairé sur ce que je sais et ce que j’ai vécu durant les années Mô Club Mô.

Mèsi an chay ! An lót soley !

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© Texte et rédacteur en chef : Mr David Gagner-Albert  ☚

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