�Le mot makoumè en Martinique, puissance verbale et faiblesse sexuelle
📝 Actualité sociale Martinique | Edité le 14 août 2015 |◀article précédent | Proposition Cciale

 

Avant-propos

Yé krik ! Yé krak. 

Aujourd’hui,  je vous amène à découvrir ou plutôt mieux comprendre un mot qui suscite beaucoup de polémique en Martinique. Je tiens d’abord à dire que cet article est avant tout destiné à aider un maximum de personne à travers le monde à connaître le mode de pensée des Martiniquais voire des Antillais.

Je pense que la compréhension du peuple Martiniquais, l’acceptation de ses complexes et ses paradoxes sont des clés pour que nous ayons une plus grande reconnaissance à l’échelle mondiale. Sé konsa nou yé ! Nous devons faire les autres nous accepter en tant que peuple comme nous sommes. Avec nos défauts, nos qualités et notre mode de pensée. Je pense que nous devons nous améliorer mais éviter à tout prix de changer pour faire plaisir aux autres. Notre différence c’est notre force.  Vous voulez en savoir plus ! Suiv mwen ! Suivez moi ! Lisez moi du début à la fin.

 

Définition du mot  makoumè

➤ 1- Qu’est ce qu’un makoumè ? Saki an makoumè ?  

Le mot  « makoumè » ou « makoumère »  est un mot créole qui désigne un homosexuel homme. Un makoumè est un homosexuel. Tout simplement. Le mot makoumè est utilisé pour parler de l’homosexualité masculine seulement. Il est très important de retenir que le nom commun « makoumè » n’a pas de genre féminin. Le mot makoumèz  n’existe pas.

 

Je ne sais pas pourquoi. Mais c’est peut être parce qu'originellement, l’homosexualité féminine n’existe pas dans la pensée créole. Le terme makoumè est utilisé aussi bien dans la langue française que dans la langue créole Martiniquaise.

Ex : Édwa sé an makoumè. = Edouard est un makoumè ou makoumère (homosexuel).

 

➤ 2 -Usage du mot makoumè en Martinique

Outre le fait que le mot makoumè signifie homosexuel homme en créole, il peut faire l’objet de d’autres usages.

Parce exemple : il peut servir à qualifier, souligner, mettre en avant les faiblesses, les incapacités d’un homme.  Vous pouvez entendre l’un des protagonistes dire «  Ou sé an makoumè » ; tu es un makoumè.

 

Cela ne veut pas dire que l’autre pense vraiment que vous êtes un homosexuel. Mais c’est une façon de vous humilier. Dans ce contexte là, le mot makoumè prend le sens de « incapable », « looser », « faible ».

 

Il est fréquent en Martinique que les z’hommes se traitent de « makoumè » entre eux parce qu’ils ne sont pas d’accord sur un problème commun ou sont en désaccord total.  Vous l’avez certainement déjà entendu ? Mais ce n’est pas méchant ! Si jamais vous vous faites traiter de makoumè dans une rue de la Martinique.

En photo ci-dessous : le Vaval 2013 du carnaval  était un couple de makoumère. En raison de la Loi sur le mariage pour tous. 

⛔ Photo soumise aux droits d'auteur / Usage sur demande svp ! 

3- Les  injures et les rumeurs avec le mot « makoumè »

Jouwé en créole, les injures avec le mot  « makoumè » sont très fréquentes en Martinique.

Ex :

- Sakré makoumè = tu es un sacré pédé

- Ou sé an makoumè = tu es un pédé

- Makoumè ya = le pédé

- Ou sé an ti makoumè = tu es un petit pédé

- Makoumè tala = Ce pédé là !

 

Les rumeurs de  pratique « makoumè » sont très fréquentes en Martinique. C’est très souvent que des personnalités du monde artistique, de la télé ou politique sont victimes de rumeurs d’être des « makoumè ».

Je ne vais surtout pas m’éterniser sur ce point de peur que le rédacteur en chef de Lucide Sapiens Martinique ne me donne un avertissement.

 

➤ 4 – Le mot créole makoumè est beaucoup plus puissant que le mot « pédé » ou homosexuel en français

Makoumè > Pédé

Attention : Traiter un Martiniquais de makoumè est l’une des pires injures que vous pourriez lui faire. Vous risquez également de vous attirez de gros gros z’ennuis si cela ne dégénère pas… Traiter un homme Martiniquais de makoumè, c’est lui enlever sa virilité total.  C’est comme si vous coupiez la barbe d’un musulman. C’est comme une castration psychique. Le mot makoumè a un effet paralysant, hypnotisant, humiliant…sur l’homme Martiniquais. Sa danjéré ! C’est dangereux de traiter un Martiniquais de makoumè.

  

Si vous traitez un homme Martiniquais de makoumè, il risque de charger et de foncer voire vous défoncer comme un bœuf échappé de l’ancienne abattoir de la pointe Simon à Fort-de-France. ( ABATOIR qui n’existe plus). C’est peut être normale ! Vous me direz. Je ne sais pas je vous laisse réfléchir.

➤ 5 - Les femmes et le mot makoumè en Martinique 

Le mot makoumè est aussi utilisé pour qualifier les z’hommes et les garçons qui sont efféminés. Certains  z’hommes avec l’allure et les manières de jeunes filles. Vous voyez ! Zót ka wè ! Mais il y a un point très important que je veux souligner dans cette partie. C’est la femme qui traite l’homme de makoumè, c’est encore plus dangereux.

 

Une femme qui traite un homme Martiniquais de makoumè a quasi signé son arrêt de mort.  Et oui ! Mesdames. Evitez à tout prix de dire cela à homme.

 

➤ 6-Pourquoi  une femme ne doit absolument pas traiter un homme de makoumè ?

Il important que toutes femmes comprennent que le mot makoumè met en lumière toutes les faiblesse d’un homme et surtout sa partie féminine.

Cette partie féminine que beaucoup d’hommes tentent d’étouffer de masquer. Mais que beaucoup d’hommes Martiniquais extériorisent durant le carnaval en se travestissant en femme.➤ C’est le paradoxe du mot « makoumè » en Martinique.


Les travestis du carnaval de la Martinique HD 1080 par LucideSapiens 

Une  femme qui injurie un homme en le traitant de makoumè fait plus fort qu’un homme. Elle le rabaisse plus bas que terre en touchant à son intimité. C’est comme si elle lui disait «  tu serais INCAPABLE de me prendre au lit  comme un vrai homme » voire aussi bien qu'un dorlis. Je crois que les z’hommes Martiniquais sont 2 fois plus sensibles à ce mot « makoumè » quant il provient de la bouche des femmes. N’avez-vous jamais remarqué ça ? Pensent-elles vraiment que vous êtes un… ? Je ne sais pas.  Je vous laisse observer.

 

➤ 7 - Etymologie du mot makoumè ou makoumère

Etymologiquement, le mot makoumè provient d’un déformation du mot « ma commère » en français. Mais je dirais qu’en plus il veut dire «  celui qui fait comme ma mère ».  Celui qui fait comme ma sœur ou ma cousine.

 

 ➤ 8 - Proverbe créole avec le mot makoumè                            

Adan an komin pani dé mè, si ni dé mè ni an makoumè. Traduction : Dans une commune il n’y pas deux maires. S’il y a deux maires c’est qu’il y a forcément un makoumère, un homosexuel, un efféminé.

 

➤ 9  – Les chansons Martiniquaises célèbrent avec le mot makoumè

 - Ziggy : du groupe de zouk Taxi Créole. Une reprise carnavalesque de la chanson de Céline Dion du même nom.

Pani an bon moun yen ki makoumè kila : du chanteur Jean-Philippe Marthély. Une chanson de carnaval sorti en 1997.

- Sen piè téni dé makoumè  = de Max Ransay dit Tonton Max

 

➤ Une  histoire qui s’est réellement passée en Martinique

Homosexualité sur fond de makrélaj au quartier Cluny à Fort-de-France   

 

Ni yonn dé lanné di sa, il y a quelques années de cela habitait dans le quartier bourgeois de Cluny à Fort-de-France la famille CUn jour, Mme Françoise C enseignante de profession mais makrel finie, s’était aperçue que le fils de sa voisine Mme Z qui habitait à deux pas de chez eux avait un petit copain.

 

Et oui, elle avait remarqué que le jeune garçon prénommé Fred était makoumère. Chaque fois que ce dernier arrivait tard le soir chez ses parents sur les coups des 23 heures ou minuit, Mme Françoise C était toujours cachée derrière son rideau noir pour surveiller chez sa voisine. Elle ne ratait absolument rien de tous ce qu’elle pouvait voir. Vous voyez !

 

Une nuit, elle avait vu le jeune garçon qu’elle traitait de « makoumè » avec beaucoup de sarcasme dans les bras d’un autre jeune homme.

A force qu’elle riait de ce qu’elle pouvait voir ce soir là, Mme Françoise C avait roulé par terre. Tellement qu’elle était makrel, elle avait même osé réveiller son mari qui était déjà au lit ainsi que ses 3 filles et son fils afin qu’ils voient ce qu’elle était en train de regarder.

Après avoir bien makrélé, lorgné derrière le rideau noir, ils avaient tous fait la fête avec ça. Ils s’étaient tous ensemble moqués de Fred le fils homosexuel de la voisine Mme Z.

 

- Sé an makoumèSé an makoumè… Chantait Mme Françoise C à longueur de journée quand elle corrigeait les copies de ses élèves du Lycée Victor Schoelcher à Fort-de-France.

 

Puis le temps avait passé. Mme Françoise C avait fini par s’habituer à l’homosexualité de son jeune voisin et entretenait de très bonnes relations avec lui.  De plus, ses enfants avaient tous quitté le foyer pour faire des études là-bas (en France) et elle s’était retrouvée toute seule dans sa grande maison de Cluny. Fred le jeune homosexuel lui rendait même des petits services quand elle en avait besoin.

 

Un dimanche bon matin de la fête des mères, sachant qu’elle était seule, Fred le fils de la voisine était venu lui rendre une petite visite comme il avait pris l’habitude de le faire. Aussitôt qu’il eût pénétré dans la maison, le téléphone avait retenti.

 

- C’est certainement  une de mes filles qui me téléphone pour me souhaiter une bonne fête des mères ! Elle lui avait dit.

Mme Françoise C avait décroché le téléphone avec hâte.

- Bonjour Manman !

Elle avait entendu la voix virile de son fils unique Jean-Marc au bout du fil. Jean-Marc faisait des études de droits en France pour être avocat. Elle s’était immédiatement dit qu’elle n’allait pas lui dire que Fred le fils de la voisine était à la maison car cela n’allait peut être pas lui plaire.  Non content d’entendre son fils, elle avait passé près d’une bonne trentaine de minute avec lui au téléphone quand soudain la voix de Jean-Marc avait changé.

 

- Manman ! Y a t-il une personne avec toi en ce moment ? Lui avait demandé son fils au téléphone.

Mme Françoise C hésitait à lui avouer que Fred son voisin homosexuel était avec elle.

- Non ! Non ! Mon fils.

La voix de Jean-Marc se faisait de plus en plus mystérieuse.

- Qu’est-ce qui ne va pas ? Lui avait demandé sa mère.

Un grand silence s’était installé dans la conversation. Puis Jean-Marc avait continué.

- Maman, je voulais t’avouer que je suis homosexuel.

Jean-Marc le fils unique de Mme Françoise C venait d’avouer à sa mère qu’il était makoumère.

Ce jour là, quand Mme Françoise C avait raccroché son téléphone, elle avait immédiatement songé à toutes ces années où elle s’était moquée de Fred le fils de sa voisine Mme Z. Elle s’était assise sur le grand canapé en bois mahogany où était installé Fred son jeune voisin et avait fondu en larme dans ses deux bras.

 

Voilà ! C’est ainsi que les évènements s’étaient déroulés. Je vous laisse réfléchir à la moralité de l’histoire. J'espère vous avoir éclairé comme les bètes à feux qui éclairent les nuits sombres de mon pays. 

 

Mèsi an chay ! An lót soley ! 

© Août 2015. Tous droits réservés.

  

Texte et publication : Mr David Gagner-Albert

📞 info commerciale et renseignement : lucidesapiens@rocketmail.com

 

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Tag(s) : #actualité sociale de Martinique

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