Les maîtresses d'école Martiniquaises et leurs bâtons pour la fessée en classe

Les maîtresses d'école Martiniquaises et leurs bâtons pour la fessée en classe
Actualité sociale Martinique | Edité le 1er août 2015 | article précédent | proposition cciale 

 

Yé krik, yé krak ! En cette période de rentrée scolaire, c’est avec beaucoup d’émotion que je prends mon clavier pour partager avec vous une période que les moins de – 30 ans assuré pas peut être ne connaissent pas. En effet, il y a de cela très longtemps, à une époque où le diable n’était encore qu’un enfant, antan djab té ti gason, l’éducation scolaire Martiniquaise avait une particularité. Souvenez-vous ! Les maîtres et les maîtresses d’école avaient souvent  un petit instrument qu’ils plaçaient dans un petit coin à côté de leurs bureaux. Un petit bâton.  Le petit bâton était souvent rangé dans un coin de la salle et faisait office de gendarme. Vous voyez ! Je ne vous en dis pas plus. Zót lé sav ? Suiv mwen, li mwen ! Vous voulez en savoir plus ?  Suivez moi, lisez-moi.

 

➤ La maîtresse d’école Martiniquaise, son bâton et ses élèves

«  Wap…wap….wap ! Mme LASKO la maîtresse d’école venait de me donner plusieurs coups de bâton sur mes deux jambes.

- Toujours ; finit toujours par un « ». M’avait hurlé Mme LASKO tout en faisant résonner son bâton en bois mahogany sur mes deux petites jambes qui ressemblaient à deux petites baguettes. (Quelques fois, c’étaient mes petites fesses dans mon petit bermuda qui en faisaient les frais.)

 

Mon petit cahier de marque « Concorde » en main, j’étais retourné m’asseoir à ma table en laissant couler quelques larmes sur la page. Et durant tout le reste du cours, je n’avais cessé de regarder la maîtresse GROS Z’YEUX tout en pensant à mille et une manière dont j’aurais pu me venger. Mais érèz di bonèz, heureusement cela n’était jamais arrivé. »

 

Je pense que bons nombres d’entres vous se sont certainement reconnus à travers ma mésaventure. Souvenez-vous vôtre dernier coup de bâton à l’école. Sentez-le, vous le ressentez ! Le bâton de la maîtresse d’école Martiniquaise reste un souvenir indéboulonnable dans le subconscient de beaucoup de Martiniquais.

 

➤ Le maniement du bâton par la maîtresse d’école

La peur du bâton de la maîtresse d’école Martiniquaise était une institution dans toutes les écoles du pays. Elles maniaient leurs bâtons comme ces sorcières que l’on voit dans les films d’Harry Potter ou les majorettes de la fête patronale du Gros-Morne.  

 

Mais ce que je redoutais le plus et certainement vous aussi, c’était la sournoiserie de certaines maîtresses d’école. Un coup de bâton pouvait tomber sur vous wap alors que vous ne vous y attendiez pas du tout. C’était terrible ! C’est moi qui vous le dis. Vous lisez la suite avec attention et vous comprendrez là où je veux en venir.  

 

«  J’étais au CM1 à l’école Mixte B de Trénelle. Le vendredi matin, nous avions dictée. Mme LASKO ma maîtresse d’école (une NORMALIENNE ➤ de l’école normale comme si nous n’étions pas NORMAUX)  avait pour habitude de marcher comme une « AINSI SOIT IL »  entre les bancs pour se pencher et voir ce que nous étions en train d’écrire à mesure qu’elle faisait la lecture orale du texte. Vous vous imaginez ! A cet instant là nous étions pour la plupart garçons z’et filles penchés (es) sur les cahiers avec nos petits dos voûtés comme des bossus.

 

A chaque passage de Mme LASKO derrière nôtre dos, nous étions en alerte jaune. Son passage derrière nous, était plus terrifiant que le cyclone Hugo qui avait ravagé la Guadeloupe cette année là. A mesure que j’écrivais, je ressentais la chaleur de son corps ainsi que son regard poser sur mon cahier. Vous ressentez combien la peur m’envahissait maintenant.

 

La peur nous envahissait car Mme LASKO ne passait jamais derrière nous avec les deux mains ballantes. Elle avait toujours comme toujours s’écrit toujours avec un « S » son bâton qu’elle avait baptisé « Roger ». Roger ATIWAWA était l’élève le plus sireur ; le plus insupportable de la classe. Alors le bâton de la maîtresse portait son nom pour lui rappeler qu’il devait être sage comme sage s’écrit. Vous lisez la suite avec attention…

 

➤ Intérieur | Salle de classe | Jour

«  C’est comme cela qu’un jour de dictée, Mme LASKO était passée derrière mon dos comme à son habitude. Elle s’était arrêtée pour vérifier mon orthographe et ma conjugaison. J’étais en confiance totale  car j’avais bien révisé mes leçons ce jour là. Je n’allais plus jamais écrire toujours sans « S ». Elle était passée derrière mon dos une première fois. Puis une deuxième fois. Puis une troisième fois. Puis une quatrième fois. J’avais fini par m’y habituer d’autant plus qu’elle ne m’avait faite aucune remarque sur mon orthographe ce jour là.

Tout allait bien même très bien quand soudain au cinquième passage de Mme LASKO, j’avais entendu un « boum » résonner dans la salle.

Quelque chose venait de tomber dans la salle ? Assuré pas peut être ce n’étais pas un coco sec ; une noix de coco.  Je m’étais immédiatement  levé de la chaise où j’étais assis. J’avais tourné ma tête vers mon camarade assis derrière moi. Puis mon regard était allé chercher la source du bruit dans les recoins de la salle. Mais une douleur inqualifiable m’avait ramené à la réalité. Et je m’étais vite rendu compte que c’était Roger qui était tombé sur moi comme ça. Roger, mais oui, vous savez ! Vous voyez ! Le bâton de la maîtresse. Roger était tombé sur moi avec une brutalité sans pareille ; un soubawou bwa mitan. Je pense que même le diable en personne n’avait jamais frappé ses enfants de cette manière là.

 

Mme LASKO m’avait donné un coup de bâton sur le dos alors que je ne m’y attendais pas. La raison était la suivante ; je venais d’écrire JAMAIS sans « S ».  

 

- Jamais ne s’écrit JAMAIS sans « S » ! Et wap….avait sifflé le viril bâton de Mme LASKO sur mon dos comme si j'étais un mulet baté

 

Ce jour là, j’avais pleuré comme un enfant  du CM1 pleure. Et regretté que ma mère m’ait mise au monde tellement que le coup de bâton m’avait fait mal. Mal dans mon ESPRIT, mon AME et mon Corps. Vous comprenez ! »

 

➤ Le bâton symbole phallique ou réminiscence de l’esclavage ?

☛ Mon point de vue :

Le bâton de la maîtresse d’école ou des dames de cantine comme nous disions à l’époque a marqué toute une génération de Martiniquais. Vous garderez surtout à l’esprit que les enseignants en primaire étaient surtout des femmes (jusqu’à maintenant d’ailleurs). Et que les foyers Martiniquais souvent monoparentaux sont tenus par des femmes également. Ce fameux bâtons étaient à mon sens un symbole phallique, comme le désir inconscient d’avoir une présence masculine au sein de la classe. Le bâton de la maîtresse était à mon sens une figure d’autorité paternel inconsciente. Peut être aussi une façon d’incarner un père qu’elle n’avait elle même pas connu durant l’enfance voire un désir sexuel refoulé pour certaines.

Je regrette également l’usage abusif de ce fameux bâton par certaines maîtresses d’école. Vous voyez ! Vous auriez juré que certaines maîtresses d’école prenaient plaisir à massacrer les élèves à coup de bâton.

Laissant nos petits dos, nos petites fesses et petites jambes marqués de traces rouges. Elles disaient que c’était pour nôtre bien. Mais je ne crois pas tout le temps à cette version. Parce que certaines maîtresses d’école accablées par leurs problèmes personnels, arrivaient le matin enragées par la colère. Vous pouviez les voir franchir le portail avec des visages z'aigris. Un mari, un fils, une fille voire un homme dont elles étaient peut-être la maîtresse les avait peut-être mises en colère.

 

Enfant, je me demandais qu’est-ce qui faisait que ces maîtresses d‘école arrivaient en cours

avec ces humeurs massacrantes ? Je ne sais pas et vous non plus je suppose ?

 

Mais je vous dis que certaines d’entres elles passaient leur rage sur les pauvres élèves que nous étions. Vous vous souvenez ! Mais nous ne pouvions rien dire car la maîtresse avait toujours raison. Ravèt paka ni rézon douvan poul dit le proverbe créole ; traduction «  la raison du plus fort est toujours la meilleure ».  

 

Aujourd’hui les années ont passé et je crois que l’usage du bâton n’est plus z’autorisé dans les écoles. Et je pense que c’est une bonne chose. Et puis je pardonne, vous pardonnez, nous pardonnons à toutes ces maîtresses d’école qui nous ont données des coups de bâton, des volés à tort ou à raison.

 

En mon nom et en celui de tous les Martiniquais ; je dis, nous disons un grand Merci à toutes les maîtresses d’école de la Martinique qui ont fait nôtre éducation. Et nous souhaitons une bonne rentrée scolaire à tous les maîtres et maîtresses d’école de nôtre mère-patrie la Martinique.

Voilà ! J’espère vous avoir éclairé comme les bêtes à feux qui éclairent les nuits noires comme hier soir de mon pays.

Très BONNE ANNEE SCOLAIRE à TOUS ! Mèsi an chay ! Merci beaucoup ! An lót soley !

© Septembre 2015. Tous droits réservés. © Texte et responsable de plublication : Mr David Gagner-Albert â˜š ðŸ“ž  Tel  : 0696 92 11 39 Mail :  lucidesapiens@rocketmail.com

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