Alexandrine Heurlié contre le dorlis de la Martinique

Alexandrine Heurlié contre le dorlis de la Martinique

Ce document est en rĂ©alitĂ© un extrait du journal intime d’Alexandrine HeurliĂ© (1848-1964) que j’ai en ma possession. Elle vous raconte sa lutte pour piquer le dorlis qui s’était introduit chez elle. C’est le tĂ©moignage direct de la seule personne en Martinique Ă  s’ĂȘtre affrontĂ©e avec un dorlis. Ceci est l’extrait d’un document unique au monde. Le livre est Ă©crit dans un français ancien. J’ai donnĂ© de mon maximum afin de vous restituer son rĂ©cit de la façon la plus authentique qui soit. Cette histoire est un tĂ©moignage pour vous et pour les gĂ©nĂ©rations futures selon les derniĂšres volontĂ©s d’Alexandrine HeurliĂ© comme elle l’a Ă©crit Ă  la fin de l’ouvrage. Une femme qui a vĂ©cu pour le bien de son pays et de son peuple. Elle nous dĂ©voile lĂ  une partie intime de sa vie et de sa culture Ă  travers sa lutte avec ce dorlis.

Je vous livre une partie du journal intime d’Alexandrine HeurliĂ© afin que sa mĂ©moire et sa volontĂ© soient tous deux respectĂ©es. »

Bonne lecture.

David GAGNER-ALBERT

Chapitres de la 1ere partie

Chapitre 1 : Le dorlis est entrĂ© dans ma maison

Chapitre 2 : J’ai piquĂ© le dorlis  

Chapitre 3 : Ma maison est envahie par des milliers de dorlis

Chapitre 4 : Le 78iĂšme dorlis

Extrait :

(
) Ce jour lĂ , il Ă©tait 2 heures 30 du matin. Je commençais Ă  m’impatienter dans ce noir si Ă©pais que j’avais du mal Ă  me reconnaĂźtre moi-mĂȘme quand je vis le dorlis s’immobiliser brusquement. Le silence Ă©tait total. Plus rien. Le bruit de ses pas tak pitak pitak tak pitak pitak et ainsi de suite avait cessĂ© net. Mais ce silence Ă©tait si lourd et bruyant dans la piĂšce que je pouvais presque l’entendre. Le dorlis Ă©tait restĂ© droit comme un piquet. Je m’étais dite comme ça que cela n’augurait rien de bien.

Les petites sphĂšres clignotantes comme des bĂȘtes Ă  feux (lucioles) et qui lui servaient certainement d’yeux ressemblaient Ă©trangement Ă  des ovaires. (
)

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) Le dorlis Ă©tait montĂ© sur le lit. Je l’avais clairement vu dans le noir comme vous pouvez voir ces mots noirs sur blanc. Je devais Ă  tous pris rĂ©agir mais sans le faire fuir. L’extrĂȘme rapiditĂ© des dorlis leur permet de s’échapper de n’importe quel piĂšge que vous pouvez leur tendre. La manƓuvre s’avĂ©rait compliquĂ©e.

Maintenant, le dorlis Ă©tait en train de soulever la chemise de nuit de Marie-Elizabeth. Plus malĂ©levĂ© qu’un chien. Le dorlis Ă©tait en train de s’immiscer dans l’intimitĂ© de ma fille comme un mari qui voulait assouvir un besoin dans la nuit. (
)

(
) J’étais en train de penser Ă  toutes les femmes du quartier que j’allais dĂ©barrasser de ce dorlis quand j’avais entendu Marie-Élisabeth se mettre Ă  pousser des petits cris. Je l’avais vu en train de se dĂ©battre Ă©nergiquement dans son sommeil. Je pouvais ressentir ce qu’elle ressentait. Exactement comme vous avez dĂ©jĂ  ressenti cette force Ă©trange vous paralyser quand vous ĂȘtes en train de dormir. Vous tentez de la repousser mais votre peine est perdue. Le dorlis a une force forte. Et votre corps aussi fort qu’il puisse ĂȘtre, il est faible et il ne vous appartient plus. En l’espace de quelques minutes, votre corps est perdu et vous devenez l’esclave du dorlis. (
)

© Octobre 2015. Tous droits réservés.

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