📝 Tototo, pourquoi dit-on "tototo" en Martinique ?

� Tototo, pourquoi dit-on "tototo" en Martinique ?

Pourquoi dit-on « Tototo Â» en Martinique ? Qu’est-ce que « Tototo Â» en Martinique ?

Que veut dire le mot « Tototo Â» en Martinique ?

YĂ© krik, yĂ© krak ! C’est avec un grand bonheur que je lĂšve aujourd’hui le voile sur un mot. Un seul. Un petit mot Ă©trange. Un petit mot Ă©trange et extraordinairement beau qui fait parti du langage Martiniquais depuis l’époque oĂč diable Ă©tait un enfant ; depuis la nuit des temps. Vous avez certainement dĂ©jĂ  entendu ce petit mot de trois syllabes sortir de la bouche d’un Martiniquais. Et j’imagine que, vous vous ĂȘtes trĂšs certainement posĂ© la question suivante. Mais pourquoi il dit ça ? Par contre, j’ignore qu’elle a Ă©tĂ© vĂŽtre rĂ©ponse. Mais si vous lisez attentivement de la tĂȘte aux pieds l’histoire personnelle qui m’est directement arrivĂ©e. Je suis assurĂ© pas peut ĂȘtre que vous allez comprendre que veut dire le mot « Tototo Â» dans mon pays Martinique. ZĂłt parĂ© ? Vous ĂȘtes prĂȘts (es) ? 

Tototo, moi-mĂȘme et la Martinique

(Histoire autobiographique*)

*Autobiographique : veut dire que c’est Ă  moi personnellement que cette histoire est arrivĂ©e. Donc que c’est vrai ! L’histoire commence.

« J’étais arrivĂ© en France depuis seulement 2 jours. Pour la premiĂšre fois de ma vie j’avais quittĂ© ma petite Martinique pour aller lĂ -bas (en France). Et je passais sur l’avenue des Champs ElysĂ©e avec ma cousine AdĂ©laĂŻde et mon cousin Frank surnommĂ© Djo Kokeur. Mon ventre s’était Ă  mis Ă  crier famine en pleine rue de Paris. AdĂ©laĂŻde une grande chabine aux yeux verts, proposa immĂ©diatement que nous nous arrĂȘtions et entrions dans la pĂątisserie la plus proche de nous.

Dehors, il faisait froid comme si nous Ă©tions dans le congĂ©lateur de l’épiciĂšre Mimi. (Les Français disent un froid de canard. Moi, je ne vois pas le rapport entre le froid et les canards.) Si tellement froid que j’étais z’entrĂ© dans le lieu comme un coup de vent. AdĂ©laĂŻde et Frank (Djo Kokeur) Ă©taient habituĂ©s aux tempĂ©ratures hivernales. Ils m’avaient suivis calmement. J’avais enlevĂ© le grand manteau noir qui me faisait ressembler PLUS Ă  un bwabwa (marionnette) de carnaval sur la savane de Fort-de-France qu’à autre chose.

Puis je m’étais assis Ă  une table de la pĂątisserie. Curieusement, nous n’avions vu aucun vendeur derriĂšre la vitrine malgrĂ© la bonne odeur que dĂ©gageaient les gĂąteaux. Mes deux yeux avaient vite remarquĂ© qu’il n’y avait pas de gĂąteaux coco comme en Martinique.

D’autres clients Ă©taient arrivĂ©s aprĂšs nous. Et toujours personne au comptoir de la pĂątisserie pour nous servir aprĂšs 5 minutes d’attente.

C’était tout de mĂȘme curieux. Et curieusement aucun client n’avait dit un mot. Tout le monde semblait ĂȘtre pressĂ© comme cela s’écrit mais personne ne disait rien. Les clients Ă©taient debout lĂ  en train de perdre leurs temps comme des moutons qui avaient bu de l’eau frappĂ©e. Alors voyant la situation, j’avais regardĂ© devant, j’avais regardĂ© derriĂšre. Puis je m’étais levĂ© de ma chaise. J’étais z’allĂ© me mettre debout devant la vitrine parmi les autres clients. Puis j’avais sorti mon :

- Tototo ! Tototo ! Tototo ! MĂ©sieu dam bonjou ! Y’a quelqu’un ?

J’avais dĂ©gainĂ© mon « TOTOTO Â» Martiniquais au beau milieu d’une pĂątisserie huppĂ©e des Champs ElysĂ©e. Vous voyez. Vous vous imaginez. J’avais complĂštement oubliĂ© que j’étais en France. Les clients m’avaient tous regardĂ© en ayant l’air de se demander qu’est-ce qu’il raconte lĂ  ? C’est quoi cette langue ? J’avais z’oubliĂ© que je n’étais pas chez Mimi (la petite boutique du quartier La TracĂ©e) en Martinique. Les clients m’avaient regardĂ© avec des GROS yeux de poisson frit qu’un pĂ©cheur de Tartane venait de pĂȘcher. AdĂ©laĂŻde et Djo Kokeur Ă©taient en train de mourir de rire quand nous vĂźmes un homme d’origine Africaine ouvrir une porte.

- DĂ©zolĂ© pour l’attente mesieu zĂ© dam. Ma kolĂšg n’est pas z’encore arrivĂ©e et jĂ© reçu une gwosse livrĂšzon de marchandiz.

Le jeune homme qui venait de s’adresser Ă  nous parlait avec un fort accent antillais. Puis il avait continuĂ© en posant son regard avec insistance sur ma cousine AdĂ©laĂŻde, Djo Kokeur et moi-mĂȘme.

- J’ai entendu un TOTOTO ! C’est vous qui avez dit ça !

Le visage du vendeur Ă©tait illuminĂ© comme une bĂȘte Ă  feu sur les Champs ElysĂ©e.  Ma cousine et Djo Kokeur avaient longĂ© leurs doigts en ma direction. Le vendeur Ă©tait un Martiniquais originaire de TrinitĂ©, du quartier La TracĂ©e comme nous-mĂȘmes, comme moi-mĂȘme. Nous Ă©tions trĂšs heureux d’apprendre cela. Nous avions eu chaud au cƓur.

- C’est surtout l’insistance de ton « TOTOTO Â» qui a attirĂ© mon attention. Man sĂ© boug TrinitĂ©, kartiĂ© La TracĂ©e. (Je suis originaire du quartier La TracĂ©e Ă  TrinitĂ© en Martinique).  Nous avait dit le vendeur.

Les autres clients qui me regardaient avec des GROS yeux de poisson-frit, avaient fini par comprendre que « TOTOTO Â» Ă©tait une onomatopĂ©e qui sert Ă  : signaler sa prĂ©sence, demander Ă  ĂȘtre reçu... quand on arrive dans un lieu oĂč l’on ne voit personne. C’est comme si vous frappiez TOCTOCTOC sur la porte avant d’entrĂ©e dans la maison d’une personne. Sauf qu’il n’y a pas de C « TOCTOCTOC Â». Vous voyez.

Nous avions tous Ă©tĂ© agrĂ©ablement servi par le vendeur qui portait le cĂ©lĂšbre patronyme Martiniquais de Gagner-Albert comme moi-mĂȘme, comme nous-mĂȘmes ; AdĂ©laĂŻde ma cousine et Djo Kokeur mon cousin.  Un membre de nĂŽtre famille que nous ne connaissions pas. J’avais eu le sentiment de m’ĂȘtre retrouvĂ© en face de moi-mĂȘme. Et tous ceci grĂące Ă  un TOTOTO. Le pouvoir du langage est reversant. Nous avions chaleureusement remerciĂ© le vendeur avant de partir.

Finalement les autres clients avaient Ă©tĂ© impressionnĂ©s par mon TOTOTO et ils Ă©taient tous sortis de la pĂątisserie en criant TOTOTO
TOTOTO
.TOTOTO » sur les Champs ElysĂ©e. Tout le monde Ă  Paris s’était mis Ă  hurler TOTOTO
Je n’avais jamais vu ça de ma vie mĂȘme pas en Martinique. C’est pour vous dire ! »

Quelle est l’origine du mot Tototo ?

Asi paré  À ce qu’il paraĂźt, le mot « TOTOTO Â» pour qui j’ai beaucoup beaucoup de respect et d’admiration comme si c’était mon propre CƓur que j’écris avec un C majuscule. Le mot « TOTOTO Â» qui malgrĂ© l’évolution du temps et des mƓurs en Martinique n’a pas perdu une ride, serait  originaire d’Afrique.  Et oui ! Vous vous demandez trĂšs certainement comment a fait « Tototo Â» pour arriver en Martinique ?  Je ne vous dirai pas parce que je sais que vous savez dĂ©jĂ . Mais je vous dirai tout de mĂȘme que « TOTOTO Â» aurait traversĂ© la grande mer qui sĂ©pare l’Afrique des z’Antilles en entrant dans la cale des bateaux NĂ©griers avec mes z’ancĂȘtres.  

Avant de devenir « Tototo Â» en Martinique, il Ă©tait « kokoko Â» comme dans certain pays d'Afrique. Vous comprenez que l’ancĂȘtre de « Tototo Â» serait « Kokoko Â» venu d'Afrique dans le mĂȘme ballant que mes z'ancĂȘtre et moi.

Tototo aujourd’hui dans la langue Martiniquaise  

« Tototo Â»  se porte bien et n’a pas perdu une syllabe malgrĂ© le temps qui passe et les centres commerciaux qui ont poussĂ© comme des z’herbes amĂšres en Martinique. Je souhaite de tous mon CƓur que « Tototo Â» reste encore longtemps au sein de notre langue Martiniquaise pour des siĂšcles et des siĂšcles. Et puis encore des siĂšcles et des siĂšcles


 

MĂšsi an chay ! An lĂłt soley ! 

© Mai 2016. Tous droits rĂ©servĂ©s. Lucide Sapiens Martinique.     

© Texte et responsable de publication : Mr David Gagner-Albert. 

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