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Quimbois ou tjenbwa : qu'est-ce que le quimbois Ă  la Martinique

Quimbois ou tjenbwa : qu'est-ce que le quimbois à la Martinique

Bonjour, aujourd’hui je vais vous aider à lever le mystère sur une pratique étrange qui se déroule dans mon pays la Martinique. N’ayez pas peur. Je suis là pour vous montrer le chemin comme Caroline qui avait dû rentrer chez elle à pieds jusqu'à la Pointe de la Vierge à Fort-de-France.

Je suis ☛ David GAGNER-ALBERT, blogger spécialisé dans la formation culturelle Martiniquaise. Vous avez certainement déjà entendu parler du quimbois ou tjenbwa à la Martinique. A votre demande générale, je vais vous aider à voir plus claire sur la question du quimbois à la Martinique. Qu’est-ce qu’un quimbois ou tjenbwa à la Martinique ? Bonne question ! Qui mérite une bonne réponse spécialement pour vous. Vous lisez l’histoire qui est arrivée à Caroline une jeune Martiniquaise et vous en saurez plus à 200%. N’ayez pas peur surtourt…( Tenez et buvez, tiens bois car ceci est mon sang) Vous allez comprendre pourquoi )

Caroline et le quimbois à la Martinique

Caroline était sortie courir le vidé du carnaval pour la dernière fois des vacances. C’était un mercredi-des-cendres à la Martinique. Sa majesté Vaval, le roi du carnaval avait déjà brûlée depuis bien longtemps quand Caroline avait décidé de rentrer chez elle. Le Carême avait déjà commencé depuis quelques heures. La saison religieuse avait débuté avec son paquet de mystères, de diables, de diablesses, de dorlis.... Bal cassé violon dans sac comme lui disait sa grand mère Sinette. Elle devrait s’abstenir d’aller danser, de zouké jusqu’à la fête de Pâque comme c’était la coutume dans le pays.

Caroline avait cherché Ti-Sonson dans les rues de Fort-de-France pour qu’il la ramener chez elle ce soir là. Mais comme à son habitude, le jeune homme s’était évaporé dans l’air comme la fumée que dégageait sa bwadjak de carnaval. Alors Caroline avait décidé de le prendre à pieds. La jeune fille avait décidé de rentrer chez elle toute seule à l’aide de ses deux pieds. Caroline habitait à la Pointe de la Vierge à Fort-de-France. Il était minuit passé ce jour là.

Caroline était partie de la Savane de Fort-de-France. Elle était passée sur le pont du canal Levassor, traversa la quartier « Bô Kannal » puis monta le grand morne (colline) qui passe devant le Lycée Schoelcher. Quand elle était arrivée au milieu du carrefour à trois voies qui conduit vers la commune de Schoelcher et le Séminaire Collège, tous les lampadaires électriques s’étaient mystérieusement éteints. Il faisait noir comme hier soir. Et comme par hasard, aucune voiture ne passait dans la rue à ce moment là. Caroline ne voyait rien dans le noir. Même pas une bête à feux dans le noir (lucioles) pour éclairer son âme. Mais peu à peu, ses deux yeux s’étaient habitués à l’obscurité comme ceux d’un manikou (opossum). La jeune fille était déjà engagée elle ne voulait pas reculer. Un chien attaché est fait pour être lapidé lui disait toujours sa grand-mère Sinette (Chien maré sé pou lapidé).

Caroline était en train de traverser la rue quand elle avait distingué au beau milieu de la croisée, du carrefour ; un objet sur le sol. Il semblait avoir été déposé là volontairement. Le cœur de la jeune fille s’était mis à battre. A battre comme la peau des tambours qui l’avait fait danser toute l’après midi du carnaval. Mais là ce n’était plus danser qu’elle voulait danser mais arriver à la Pointe de la Vierge chez elle. Cette chose là placée au beau milieu du carrefour, Caroline avait immédiatement compris ce dont il s’agissait. Elle en avait souvent entendu parlé depuis son enfance. Malgré sa frayeur, Caroline avait maîtrisé ses émotions. C’était un quimbois ou kinbois ou tchenbwa. Aujourd’hui, elle était debout droit devant un quimbois. La jeune fille avait pris son courage avec ses deux mains qui étaient plus douces que du sirop. Elle avait poussé sa curiosité afin de savoir à qui était destiné le quimbois. Doucement dans la nuit noire et épaisse, Caroline avança vers le quimbois déposé au milieu du carrefour du Lycée Schoelcher.

D’après les histoires de quimbois qu’elle avait entendu, Caroline savait qu’un quimbois pouvait prendre différentes formes ; un cercueil, un crapaud, des œufs, des pigeons… Ce quimbois là, c’était une poule blanche coupée, fendue en deux. Vous voyez. Caroline plongeât ses deux yeux de manikou dans le corps de la bête morte. Parce qu’un élément avait attiré son attention. A l’intérieur de l’animal, on y avait mis une petite poupée traversée de petites aiguilles à têtes rouges. Sur la petite poupée remplie d’aiguille, il y avait une photo avec un petit papier écrit. La photo d’une personne et une instruction. Comme une makrel, la curiosité de la jeune fille avait redoublé. Caroline s’était penchée sur le quimbois pour voir le visage de la personne qui était sur la photographie. Et ce qu’il y avait d’inscrit sur le petit papier. Vous imaginez. A qui était destiné le quimbois ? Qui est-ce que l’on voulait quimboiser, ensorceler ? La jeune fille regarda la photo dans le noir et s’écria :

- Ay Bon Dieu Seigneur la Sainte Vierge Marie !

La douce voix de Caroline avait résonné dans le carrefour où le quimbois avait été déposé pour quimboiser une personne.

- Ay Bon Dieu ! C’est Ti-Sonson qui est là sur la photo !

Vous pouvez vous imaginer sa stupéfaction. La bouche de Caroline était restée ouverte bouche B comme une ABABA ; un simple d’esprit. Le quimbois qui était sur le chemin de Caroline ce mercredi-des-cendres là, était destiné à son ami Ti-Sonson. Ti-Sonson son ami qui l’avait emmené au carnaval ce mercredi des cendres. Une personne voulait quimboiser, ensorceler Ti-Sonson…A la vue de la tête de Ti-Sonson son ami dans ce quimbois, Caroline était partie depuis le carrefour du Lycée Schoelcher en courant. Elle avait arraché les semelles de ses talons aiguilles sur le bitume séché par le Carême. Durant son marathon, sa main droite avait dessiné vingt milles signes de croix sur son corps.

- Je vous salue Marie pleine de grâce, le Seigneur est avec vous…

Caroline qui oubliait si souvent de faire sa prière, avait sorti des versets de la Bible et des psaumes dont elle ignorait l’existence jusqu’à cet instant là. Elle était arrivée chez elle à la Pointe de la Vierge en quatrième vitesse.

Deux jours après, Caroline s’était rendue au quartier Trénelle chez son ami Ti-Sonson. Non parce qu’elle avait quelque chose à lui dire mais parce qu’elle voulait prendre des nouvelles de son ami Ti-Sonson. Elle avait traversé le quartier des Terre Sainville. Puis parcourue la rue François Pavilla qui fendait le quartier Trénelle en deux comme une noix de coco sec. Elle monta la rue de la Bute et grimpa un grand escalier aux énormes marches avant d’arriver devant la maison des parents de Ti-Sonson.

- Tototo…Tototo…Tototo…

Elle avait signalé sa présence par le fameux « tototo » Martiniquais.

La mère de Ti-Sonson avait ouvert la porte. Caroline avait vu dans les deux yeux de la dame qu’il se passait une chose anormale.

- Bonjour Madame GAGNER-ALBERT ! Lui avait dit Caroline.

- Bonjour mon enfant ! Comment vas-tu ?

- Je suis là ! Je vais bien !

- Je ne peux pas dire autant pour mon fils Ti-Sonson.

Caroline avait déjà tout compris. La mère du jeune homme l’avait conduit dans sa chambre. Ti-Sonson était couché malade depuis deux jours. Trois jours auparavant, il était en pleine forme et courait le vidé du carnaval à Fort-de-France. Caroline avait tout compris. Une personne voulait du mal à Ti-Sonson et l’avait quimboizé, ensorcelé. C’est ça un quimbois…. ( Vous voulez connaître le reste de l'histoire et savoir qui à quimboizé Ti-Sonson et pourquoi Ti-Sonson avait été quimboizé. Restez connecté à Lucide Sapiens Martinique et vous le saurez si vous me le demandez)

Saki en tjenbwa ? Qu’est-ce que le quimbois à la Martinique ?

Le quimbois est le fait de jeter un sortilège à une personne. Une personne à qui on aurait jeté un sort on dit qu’elle a été « quimboizé ». Ex : Ti-Sonson a été quimboizé. La personne qui jette un sort est un « quimboizeur ». Le quimboizeur n’est autre que le sorcier local de la Martinique.

Quelle est l’origine du mot quimbois ?

Le mot « QUIMBOIS » ou « TJENBWA » (prononcer EN comme IN) proviendrait de la déformation de la phrase : « TIENS BOIS ». Durant l’esclavage, sur les plantations de cannes-à-sucre, certains esclaves qui connaissaient les vertus des plantes médicinales faisaient office de guérisseurs ou de sorciers. Après avoir préparé le breuvage pour le malade, le guérisseur ou sorcier lui donnait la « potion » en lui disant « TIENS BOIS ». Puis après déformation le mot est devenu « quimbois ». Tout simplement.

Lexique

Un quimbois = un sortilège, sorcelérie 

Quimboizé = ensorceler une personne, le fait de jeter un sort à une personne

An tjenbwa = un sortilège  (en créole Martiniquais)

Quimboizeur = le sorcier qui jete un sort

Voilà ! J’espère vous avoir éclairé et levé le voile sur les mystères du quimbois ou tjendois (tiens bois) à la Martinique. N’ayez pas peur je suis là ! Tenez et buvez c'est de la culture Martiniquaise. 

Mèsi ! Mèsi an chay ! Merci beaucoup pour votre attention.

© Mars 2017. Texte b@y David GAGNER-ALBERT pour Lucide Sapiens Martinique. Tous droits réservés pour tous pays. Droits d’exploitation sur demande

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